La butte en permaculture ? par Christophe Gatineau | TERRACEUS TERRACEUS

La butte en permaculture ? par Christophe Gatineau

Livre gratuit

Un Livre gratuit et téléchargeable de l’agronome haut-viennois Christophe Gatineau sur les  “Buttes de cultures, buttes de permaculture, sont-elles une alternative à la crise agricole?”

Petit événement dans le Landerneau de l’agro-écologie, de la permaculture et du Blog :
« Clap de fin pour Le Jardin-vivant, on jette l’éponge » prévient Christophe Gatineau dans son dernier article, apparemment essoufflé de prêcher dans le désert… (mais on n’y croit pas, ndrl)

Mais avant cela, en confinement, il nous a offert une réflexion, entre autres, sur la question de l’utilité de la butte en permaculture, de l’artificialisation des sols, et plus largement sur la permaculture.

Xavier Mathias (auteur, maraîcher bio et  chroniqueur sur France Inter) prévient en préface la première responsabilité de l’agriculteur… est d’améliorer la vie de son sol mais certainement pas de l’artificialiser, même avec des matériaux naturels.

Et de rappeler que l’Autrichien Sepp Holzer, agriculteur dans les Alpes Autrichiennes était la première victime de cet engouement de la butte des « perma-prédicateurs ». Pour Sepp Holzer, la butte Hugelkultur (butte autofertile), est particulièrement bien adaptée à la culture potagère combinée à celle d’arbustes fruitiers à baies.

Butte de culture Sepp Holzer

Butte de culture Sepp Holzer

« Dans un ouvrage passionnant de Sepp Holzer, il nous livre sa méthode poursuit Xavier Mathias. C’est ce dessin qu’on retrouve partout sur les sites Internet.  Lui qui n’a à sa disposition que des sols extrêmement superficiels, qui plus est dans des conditions climatiques complexes, il observe et interagit : cet agriculteur a des vaches et des cochons, donc du fumier, de la paille, du foin, des résidus de culture, des arbres morts sur ses terres, et une mini-pelle qu’il affectionne particulièrement.

« Hardi petit ! se dit- il un beau jour, puisque je n’ai pas d’épaisseur de sol, je vais essayer avec ce que j’ai sous la main, de me faire quelque chose d’approchant. Il le fait et ça fonctionne plutôt bien.

On peut déplorer que ce dessin ne soit pas accompagné de sa légende, elle est passionnante, jugez plutôt ce qu’on peut lire ** :
« La structure intérieure de mes plates-bandes n’est pas fixée non plus. Je ne suis pas favorable aux spécifications sur la stratification exacte et le choix de la matière pour la structure intérieure. La manière la plus judicieuse et la plus économique est de travailler simplement avec la matière qui est disponible sur place. » Bref, si « vous voulez faire des buttes à tout prix, débrouillez-vous avec ce que vous avez, moi je fais plutôt comme ça. »

© Christophe Gatineau

© Christophe Gatineau

Un sol ne se sodomise pas !

Du côté de l’auteur : Christophe Gatineau est un agronome spécialisé en agriculture innovante, agroécologie et permaculture, auteur de plusieurs livres et du blog Le jardin vivant.

Extraits du Livre :

C’est une des raisons d’être du blog du Jardin-vivant que de lutter contre ces faiseurs d’illusions et autres vendeurs de rêves.

La butte ne peut être une réponse universelle aux besoins de toutes les plantes, seulement une réponse au milieu quand il est très humide ou inondable, trop sec et sableux, ou lorsque l’épaisseur de sol nourricier est mince. Dans la plupart des cas, sous nos latitudes, l’édification d’une butte de culture est un acte de colonisation radicale, révélateur d’un instinct de domination sur la nature.

On n’implante pas une butte de culture comme un abri de jardin…

Cette idée de gaver le sol, comme on gave un canard ou dope un sportif pour accroître ses performances, est une idée moderniste où tout progrès doit en entraîner un autre… Mais la dose faisant le poison, le dopage finit toujours par dégrader plus la santé qu’il ne l’améliore, et cet empilage de matières organiques pour doper le sol aurait asphyxié ses êtres vivants, outre de chambouler durablement son écosystème souterrain. Tout ça en croyant bien faire…

Aujourd’hui, on construit des buttes comme des clapiers à lapins, sans tenir compte des conditions indigènes, à savoir l’eau, la température, l’exposition, l’altitude et le climat ; sans prendre en compte la «personnalité» des espèces de plantes à cultiver…

N’oublions pas qu’un lapin n’a pas besoin d’un clapier pour vivre heureux !

Avec le jardin-forêt et la lasagne, les buttes de permaculture sont présentées comme des techniques révolutionnaires pour augmenter les rendements comme on augmente le rendement d’un placement financier…

… La planète ne fonctionne pas sur les mêmes principes que la Bourse… Cette idée des hauts rendements est trompeuse, car elle fait croire que la performance serait liée à une haute technicité. D’ailleurs, l’agriculture industrielle s’appuie complètement sur cette idée avec ses semences hautes performances, F1 ou OGM, et ses pesticides, engrais chimiques, hormones de croissance et autres molécules synthétiques qui engendrent ce que nous savons : des déserts minéraux et de la désertification…

Télécharger son livre pour appréhender sa réflexion et ses solutions.

La butte en permaculture - Livres - Christophe Gatineau

La butte en permaculture – Livre – Christophe Gatineau

Christophe Gatineau prépare la suite de l’Éloge du ver de terre, plus 2 autres “éloges” : celui du blaireau et celui du cloporte.

Bibliographie :

Éloge de l’abeille : Quand les insectes ont le bourdon 

par Sylvie Corré et Christophe Gatineau.
Après le succès de l’Éloge du ver de terre, voici celui de l’abeille. De l’abeille, oui, mais laquelle ? Car faire l’éloge de l’abeille n’est pas faire celui de l’apiculture, mais des abeilles, ce monde féminin pluriel qui approche les 1000 espèces en France.

Éloge du ver de terre : Notre futur dépend de son avenir
Bienvenue dans l’univers fascinant du ver de terre. Un univers au bord de l’anéantissement biologique.
«L’avenir de nos générations futures repose donc aujourd’hui sur cette bestiole qui vit dans la terre. Première biomasse animale terrestre, elle est l’un des premiers marqueurs de la biodiversité
Pour aller plus loin :
Un dossier sur les buttes de permaculture sur PermacultureDesign, 
ou regarder La butte façon Philip Forrer : le jardin du Graal (ci-dessous)

**  page 49, § 2, dans La Permaculture de Sepp Holzer – éditions Imagine un colibri, mars 2011, trad. Patricia Bourguignon

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