Relocaliser notre Alimentation : les 5 mesures | TERRACEUS TERRACEUS

Relocaliser notre Alimentation : les 5 mesures

Par la Fondation Nicolas Hulot

Relocaliser l’agriculture et de l’alimentation est l’une des solutions conseillées lors de la pandémie mondiale. Le Covid-19 a révélé en effet, des failles sur notre modèle de production, de distribution et de sécurité alimentaire. La relocalisation et la diversification de notre agriculture, couplée au développement massif de l’agroécologie, s’avèrent désormais, être une solution, une priorité.

Les mesures préconisées par la Fondation Nicolas Hulot pour le Nature et l’Homme s’appliquent parfaitement à l’Agriculture Urbaine dont la relocalisation de l’agriculture et de l’alimentation est l’un de ses fondements.

© Fondation Nicolas Hulot

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CONSTAT

  • Le système de production agricole et alimentaire dominant est fragile.
  • Notre alimentation a su être résiliente durant la crise Covid-19 grâce à des modèles agricoles et de commercialisation diversifiés autonomes et locaux.
  • Notre modèle agricole et alimentaire actuel s’est révélé être un accélérateur de propagation d’épidémies, mais aussi un secteur vulnérable et peu résilient face à la crise sanitaire,
  • Les collectivités territoriales sont des acteurs clés pour amortir le choc des crises, en développant des réponses rapides et adaptées en particulier sur les systèmes alimentaires.
  • Les métiers non valorisés en temps normal, comme les métiers agricoles, sont la clef de voûte de notre quotidien.
  • La précarité alimentaire, déjà importante en France (5,5 millions de personnes en 2019), explose en temps de crise.
  • La crise met en exergue une action publique insuffisante en temps normal et indécise en temps de crise.
  • La diversification des cultures permet d’avoir des paysages hétérogènes qui favorisent la préservation de la biodiversité.
Pour relocaliser avec la Fondation Nicolas Hulot

Pour relocaliser avec la Fondation Nicolas Hulot

Relocaliser l’agriculture et de l’alimentation

Mesure 1 : Créer d’un fonds exceptionnel de soutien aux collectivités territoriales, pour développer des systèmes agricoles et alimentaires durables

Ce fonds permettrait de financer sur trois ans :

  • la mise en place d’outils et de ressources (plan alimentaire territorial ciblé sur la transition agricole et alimentaire, animateurs territoriaux, etc.)
  • les infrastructures nécessaires pour la transformation et la distribution dans les territoires (plateformes logistiques de distribution, ateliers de découpe, abattoirs communaux, abattoirs mobiles, conserveries, légumeries, etc.
  • un grand programme de formation autour de l’alimentation durable et de l’agroécologie pour tous les acteurs clefs du territoire (agriculteurs, banques, conseillers agricoles, cuisiniers, personnel de cantine…).
© Fondation Nicolas Hulot

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Mesure 2 : Créer un grand plan français de diversification de l’agriculture dans les territoires

Ce grand plan viserait à soutenir les productions agricoles durables et déficitaires dans notre pays et dans nos territoires comme les légumes secs (légumineuses), les fruits, les légumes frais et les élevages laitiers et allaitants herbagers (vaches qui se nourrissent majoritairement d’herbe).

Grâce à ce grand plan, l’installation ou la conversion en maraîchage sur une zone de grandes cultures, ainsi que le développement de prairies en Ile-de-France serait fortement incitée. Ces dernières apportent de nombreux bénéfices environnementaux (limitation de l’érosion du sol, des inondations, des incendies…) et permettent aux agriculteurs d’utiliser une surface agricole non cultivable pour développer un autre activité (production de viande et de produits laitiers).

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Accélérer la transition écologique et sociale de nos systèmes agricoles pour protéger la biodiversité, le climat et les agriculteurs

La transition agroécologique doit être accélérée afin de prévenir le dérèglement climatique et les dégradations environnementales qui ont déjà débuté. Mais pour changer de cap, il est nécessaire d’apporter les moyens suffisants. La crise nous enseigne qu’il est primordial de revaloriser les métiers agricoles, par une meilleure rémunération et un meilleur accompagnement à la transition.

Sur 100 euros d’achat, seuls 6,5 euros sont perçus par les agriculteurs français. Le reste est majoritairement capté par des secteurs de l’agro-fourniture, de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution (Les Greniers d’Abondance, 2020).

© Fondation Nicolas Hulot

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Mesure 3: Dédier au moins 50% des financements de la Politique agricole commune (PAC) au maintien et au développement de systèmes agroécologiques (dont l’agriculture biologique)

Le budget de la PAC est mal réparti : la part du budget alloué aux aides vers des pratiques agricoles non durables (utilisant des pesticides de synthèse par exemple) demeure bien supérieure aux soutiens d’une agriculture favorable à la biodiversité, à l’emploi, au bien-être animal et au climat. Comme le propose la Plateforme pour une autre PAC, il est nécessaire de réorienter au moins 50% de ce budget à la mise en place et au maintien de pratiques et systèmes agroécologiques.

© Fondation Nicolas Hulot

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Mesure 4: Mettre en place une loi foncière en 2021 pour faciliter l’installation des agriculteurs en agroécologie, ainsi que la transmission des fermes et ainsi relocaliser l’agriculture et de l’alimentation

Le métier de paysan constitue une réponse importante à l’urgence sociale ! Grâce à lui, une économie locale s’organise à l’échelle de tout un territoire. Il faut avoir 1 M de Paysans en France pour atteindre la Souveraineté Alimentaire et accélérer la transition agricole et alimentaire respectueuse de l’environnement, de notre santé et de l’emploi.

Une loi devra soutenir un meilleur partage et usage des terres agricoles, mais aussi promouvoir l’installation et le maintien de nombreux agriculteurs avec des pratiques agricoles durables. Ceci est d’autant plus important dans un contexte où :

  • un agriculteur sur deux partira en retraite dans les dix prochaines années.
  • la population agricole devrait diminuer d’un quart d’ici 2030.
  • la surface urbanisée a doublé entre 1960 et 2010. Cela induit donc un recul de surface des espaces naturels, de terres agricoles et des forêts.
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Réguler les marchés afin de garantir des revenus justes et réduire la concurrence déloyale

Aujourd’hui, les denrées agricoles importées ne sont pas soumises aux mêmes règles que celles produites dans l’UE. Cette situation créé une concurrence déloyale pour les agriculteurs européens, et freine la transition agroécologique au sein de l’Europe.

Par exemple, on autorise pour certaines denrées importées des limites maximales de résidus de pesticides de synthèse interdits en Europe, comme l’atrazine. Le seul objectif de ce laisser faire est de ne pas bloquer les importations, alors qu’il faudrait au contraire privilégier des filières sans atrazine pour protéger économiquement nos agriculteurs et la santé des citoyens européens !

Pour l’élevage, il se passe la même chose : l’usage de farines animales ou d’antibiotiques utilisés comme activateur de croissance est par exemple interdite au sein de l’UE, mais autorisée pour la viande importée.

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Mesure 5 : Prévoir des mesures miroirs dans toutes les réglementations liées à l’agriculture et à l’alimentation

Si les règles de production pour les denrées importées étaient les mêmes que pour celles produites dans l’UE, cela obligerait les agriculteurs voulant exporter vers l’Europe à créer des filières dédiées et certifiées pour respecter les normes.

Par où commencer ? Il est possible d’appliquer des directives (comme pour l’interdiction de l’utilisation d’hormones) ou de mettre en place des règlements comme celui adopté en 2019 pour interdire l’administration d’antibiotiques utilisés comme activateurs de croissance qui marque un premier pas dans cette direction, mais qui doit encore faire l’objet d’une mise en oeuvre effective.

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Cela pourrait également passer par une révision de de la PAC de la part de l’OCM (organisation commune des marchés agricoles) ou par l’intégration de ces mesures au Green Deal européen et à la Farm to Fork (stratégie pour une alimentation durable, issue du Green Deal).

 

Aujourd’hui, la relocalisation doit donc être envisagée comme un stimulus pour la conception de nouveaux écosystèmes agricoles dans lesquels rentabilité, responsabilité sociale et soutenabilité font bon ménage.

L’agriculture urbaine peut être ainsi un nouveau défi des pays riches : ne relocalise-t-elle pas une production agricole responsable, créatrice d’emploi en favorisant des démarches participatives avec usagers et citoyens ?  Ne vise-t-elle pas aussi un développement social et durable ?

Pour aller plus loin :

100 principes à partager par la Fondation Nicolas Hulot

Télécharger le dossier FNH sur les propositions de relance pour asseoir un système agricole et alimentaire résilient et durable.

 

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