Sauver le ver de terre ! (pour sauver la planète) | TERRACEUS TERRACEUS

Sauver le ver de terre ! (pour sauver la planète)

Earthworms are more important than pandas

Vous vous souvenez certainement de ce titre accrocheur de The Conversation (1). Les vers de terre sont plus importants que les pandas (si vous voulez sauver la planète). En substance : Les vers de terre ne seront jamais le logo d’une marque (WWF). Bon, avouons-le, le panda, c’est plus mignon…

C’est au tour d’un autre ardent défenseur du lombric de (re) plaider pour sa survie avec la sortie de son livre Sauver le ver de terre (sortie le 19 sept. 2020) (2).

Après le succès de son livre l’Eloge du ver de terre (2018 – Ed Flammarion), CHRISTOPHE GATINEAU, coauteur avec SYLVIE CORRÉ, récidive et lance ainsi un nouvel appel  à urgence pour sauver les sols nourriciers et rabibocher l’agriculture et la nature :  

« Le ver de terre n’a pas encore l’aura d’un renard, d’un loup, d’un ours ou d’une abeille 🙂 mais quelle belle surprise cette mobilisation du grand public pour sa cause et sa réhabilitation dans le modèle agricole. »

 » Il faut expliquer encore et encore qu’un monde durable et paisible ne peut exister qu’en collaborant avec notre environnement.

Les vers de terre nous permettent de vivre sur la planète, simplement en mangeant et en faisant caca, en labourant, en ventilant et en fertilisant le sol en cours de route.

Saviez-vous que le premier éloge du ver de terre a été publié en 1881 par Charles Darwin pour clôturer son œuvre ? Que pendant 45 ans, il l’a étudié sous toutes ses coutures. Que certains montent aux arbres, que d’autres butinent, et qu’ils influencent la croissance des plantes et les rendements agricoles ! »

 

Gatineau - DARWIN -2 livres pour le prix d'1

Gatineau – DARWIN -2 livres pour le prix d’1

 

On peut douter qu’il y ait beaucoup d’autres animaux qui ont joué un rôle si important dans l’histoire du monde, comme ces créatures modestement organisées.
(Charles Darwin : Rôle des vers de terres… – 1881)

Il existe environ 7 000 espèces de lombrics dont 150 en France. Les espèces Lumbricus terrestris (ver de terre commun), Lumbricus rubellus ou Eisenia fetida (ver du fumier) sont les plus fréquentes.

En Europe, en 1950, les sols comptaient 2 tonnes de vers de terre par hectare, contre moins de 100 kilos par champ cultivé en 2010 (3). Et pourtant,  les vers de terre sont des «espèces clés» en raison de leur influence sur les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol.

Voici quelques raisons (4) :

  • 1) Les vers de terre sont des recycleurs.

Les lombrics ingèrent de la terre et des débris organiques « et en faisant caca », ils jouent un rôle crucial dans la décomposition de la matière organique et la fertilisation du sol. Une étude menée à Hawaï a révélé que le remplacement d’une partie de l’engrais standard par du vermicompost (compost de vers) augmentait de 30% les rendements des cultures telles que les tomates et les fraises.

  • 2) Les vers de terre sont de grands «ingénieurs du sol».

En se déplaçant dans le sol, les vers de terre se détachent et le mélangent, aidant à l’aérer et à le drainer. Cela amène des nutriments à la surface, ce qui rend le sol plus fertile et aide à prévenir les inondations et l’érosion.

®Sippakorn Yamkasikorn (pexels)

®Sippakorn Yamkasikorn (pexels)

  • 3) Le ver de terre est un baromètre de la santé et de la toxicité des sols.

Ils sont très sensibles aux polluants du sol tels que les résidus de pesticides ou les métaux lourds indésirables (zinc, plomb, etc.), et ils sont gravement affectés par les changements d’utilisation des terres tels que la déforestation pour ouvrir la voie à une agriculture intensive. Cela signifie que la santé des vers locaux s’avère être un outil utile pour évaluer l’impact des différents usages des terres et des polluants.

  • 4) Les vers de terre juteux sont une importante source de nourriture.

Ils sont riches en protéines et nourrissent un certain nombre d’animaux, comme les oiseaux, la taupe, le sanglier le blaireau européen… ou encore des insectes tels que ce scarabée doré.

  • 5) Le ver de terre peuvent aider à réparer le sol.

Les recherches suggèrent que les vers de terre pourraient aider à nettoyer les terres contaminées par des métaux lourds toxiques comme le plomb. Ils peuvent modifier les concentrations de métaux disponibles ou totales dans le sol en ce sens qu’ils sont capables d’accumuler des métaux lourds dans leurs tissus.

  • 6) Le vermicompost  supérieur au compost traditionnel

Nos études à l’Université Griffith, en Australie, ont prouvé de manière concluante que le vermicompost de vers de terre préparé localement est «exceptionnellement supérieur» à toutes les marques de composts préparés et commercialisés de manière conventionnelle certifiés par Compost Australia. Des études confirment que le vermi-compost est au moins 4 fois plus nutritif que le compost de bouse de bétail conventionnel [16]. En Argentine, les agriculteurs qui utilisent le lombricompost le considèrent sept (7) fois plus riche que les composts conventionnels en nutriments et en stimulant la croissance.

  • 7) Une sources de nourriture et propriétés médicinales

Les vers de terre ont fourni aux cultures anciennes de la nourriture et des sources de remèdes médicinaux. Les Indiens Cherokee utilisaient des cataplasmes de vers de terre pour extraire les épines. L’Ayurveda, la médecine traditionnelle chinoise (MTC) et les pratiques au Japon, au Vietnam et en Corée se sont concentrées sur les vers de terre comme sources de nourriture.

  • 8) Utile aux pêcheurs ;)…
ver de terre vs scarabée

Ver de terre vs scarabée : par Soebe — Travail personnel, CC BY-SA 3.0,

Cette suite de l’Éloge du vers de terre plus pédologique et scientifique (du grec pédon, «sol» et lógos, «étude» de la formation et l’évolution des sols»), mais également plus historique et politique explique Christophe Gatineau.

Politique dans le sens où notre nourriture provient de 95 % à 100 % des sols cultivés, comme nos vêtements et nos chaussures, le bois, le papier, le carton, le vin, le tabac, les huiles végétales…

Mais comme ces sols nourriciers sont victimes de la même punition que les pôles, et que les vers de terre sont des créateurs d’humus, on comprend vite que la viabilité d’une humanité paisible repose sur la vie souterraine et en particulier sur ces animaux.

Clé de voûte de l’alimentation de demain, on peut même soutenir que, via les plantes ou les animaux qui les mangent, le ver de terre est à la source d’un cycle tout aussi essentiel que celui de l’eau : le cycle de la nutrition.

Un livre qui s’adresse donc tout autant aux consommateurs soucieux de leur alimentation qu’à ceux qui la produisent : agriculteurs, maraîchers, jardiniers, et la future génération de paysans.

A lire également ; CHRISTOPHE GATINEAU répond régulièrement à vos questions sur son blog et notamment sur les raisons de son livre et de son engagement pour la biodiversité…

 

Le livre de 300 pages à moins de 9 euros, commandable par Le Jardin-vivant, est en 2 parties : La première contient des interviews et des textes exclusifs des meilleurs géodrilologues de la planète. (La géodrilologie – du grec ancien gê, la Terre, drilos, ver, et logos, le discours).

La seconde partie du livre est consacrée à la réédition partielle du dernier ouvrage de Charles Darwin sorti en 1881 : The formation of vegetable mould, through the action of worms, with observations on their habits ; et en 1882 sous le titre : Rôle des vers de terre dans la formation de la terre végétale.

Et, cerise sur le gâteau, il sortira le même jour en gratuit et en payant, une première dans le domaine de l’édition. Bref, une bombe à graines, conclut Gatineau dans son communiqué.

(2) AUTEURS

CHRISTOPHE GATINEAU est un auteur, cultivateur et agronome spécialisé en agriculture permanente et agroécologie, créateur du blog Le Jardin-vivant.fr.

Auteure de deux éloges, l’abeille et le bleuet, SYLVIE CORRÉ, diplômée en sciences de l’éducation, cultive pour son autonomie alimentaire.

Avec la participation de : PATRICK LAVELLE, professeur émérite de la Sorbonne, ancien directeur du laboratoire d’Écologie des sols tropicaux de l’IRD et spécialiste mondial des vers de terre ; CÉLINE PÉLOSI, chargée de recherche à l’INRA, écotoxicologue et géodrilologue ; CHRISTIAN FELLER, chercheur émérite à l’IRD de Montpellier ; ÉRIC BLANCHART : chercheur à l’IRD de Montpellier ; et XAVIER MATHIAS, auteur, chroniqueur et maraîcher bio.

Disponible en poche ou téléchargeable via la plate-forme du Jardin-vivant.fr, l’édition de ce livre a été soutenu par l’Office français de la biodiversité dans le cadre de Mon projet pour la planète. Et dans ce cadre, un exemplaire est offert à tous les CDI des établissements d’enseignement agricole qui en font la demande.

DARWIN

(1) Article The Conversation

(3)  Claude Bourguignon, Lydia Bourguignon, Manifeste pour une agriculture durable, Actes Sud Nature, 2017, p. 87

(4) The wonders of earthworms & its vermicompost in farm production

Expérience pour enfant : Vivarium pour vers de terre : Ces vers de terre qui fabriquent le sol ! Fiche expérience Classe Nature par WWF

 

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La butte en permaculture ? par Christophe Gatineau

L’agroécologie par Ver de Terre Production

 

 

 

 

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